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Edito janvier 2011

mardi 4 janvier 2011, par Webmaster

Pendant que, pour ou contre, les penseurs débattent de la pertinence de la décroissance en tant que nouvelle approche économique et écologique, les oligarques de la finance mondiale l’imposent de la pire manière, dans le seul souci de préserver leurs intérêts. Inutile de s’attarder sur ce qui a déclenché la crise financière : le processus est de toute manière inscrit dans la logique d’un modèle économique où l’actionnaire est roi. Il faut être inconscient de la réalité du monde pour penser que les restrictions budgétaires, la privatisation des services publics, les augmentations de prix et la hausse du chômage ne sont que passagères et susceptibles de générer un retour « comme avant », à une économie créatrice d’emploi.

La réalité du monde, au terme d’un demi-siècle de croissance soutenue de l’économie des pays les plus riches, c’est une accumulation de problèmes très graves qui, au mieux, coûteront très cher en réparation, en reconversion et en innovation. Au pire, ils pourraient dégénérer en débâcle. Avec des ressources en voie d’épuisement : la première étude sérieuse (1) sur le Peak oil de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), réalisée en 2008, confirme la fin progressive du pétrole en estimant la diminution des stocks à 6,7 % par an. Avec les pays en voie de développement qui commencent à accéder à la table où, depuis longtemps, le gâteau se partageait sans eux. Et avec encore un milliard de gens dans la misère...

La crise financière n’a donc fait que précipiter la chute inévitable d’un modèle de développement insensé et non durable. Il y a un lourd passif à gérer et la question est de savoir si nous avons la volonté de nous en mêler, ou si nous allons nous contenter de revendiquer, sourds aux évidences, en criant misère alors que nous croulons sous la richesse -même si elle est très injustement répartie. La décroissance est déjà une réalité et elle est incontournable. Elle est la seule issue de secours de l’humanité, à condition qu’elle soit pensée équitablement.

Selon Albert Einstein, « aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré ». Autrement dit, le modèle économique qui nous a amené là où nous en sommes ne peut pas être celui qui nous en sortira. Sans changer d’économie à grande échelle, les meilleurs projets resteront des vœux pieux à la merci des actionnaires. C’est ce pouvoir là qu’il faut reprendre, et c’est certainement l’utopie la plus réaliste qui soit ! Un souhait très cher à L’âge de faire, à la veille de cette nouvelle année 2011, est que nous soyons nombreux à le comprendre et à nous y atteler sans plus attendre. Bonnes fêtes à tous !

Alain Duez

(1) http://www.editionsdemilune.com/pet...

PS : 2011 pourrait être le début d’une diffusion régionalisée de L’âge de faire : ce numéro 49 inaugure un partenariat avec les associations de sept départements bretons et limitrophes, sous la houlette du réseau Cohérence. Le cahier spécial est de leur crû. Diffusées exceptionnellement, pour cette première, sur toute la France, elles devraient être trimestrielles et supplémenter l’édition des régions concernées. L’expérience est reproductible partout. Pour plus de détails, téléphonez-nous.

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