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3 ptits pois fait fleurir les ptits magasins

mardi 29 mars 2011, par Webmaster

Un palier, un vestiaire, un garage ou une cave... Dans l’agglomération lyonnaise, tout est bon pour accueillir des micro magasins collectifs, gérés par les habitants et fournis une fois par mois par la coopérative 3 ptits pois

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L’entrepôt épicerie de 3 ptits pois à Lyon (VIIe arrondissement)

Imaginez, au dixième étage d’une tour dans le troisième arrondissement de Lyon, à proximité du métro Garibaldi, une petite épicerie installée sur le pallier. Bien sûr pas de comptoir en vue, mais six armoires métalliques. Les cinq foyers qui ont choisi de monter ce tout petit magasin avec la coopérative 3 ptits pois ont tous la clef du cadenas. Ils ont ainsi la possibilité de se servir en produits secs d’épicerie à n’importe quel moment, même tard dans la soirée. Parmi eux, des personnes en colocation, une famille avec deux enfants… des gens assez différents en somme, dont l’expérience a séduit leurs voisins de l’immeuble d’en face, qui envisagent eux aussi de monter leur micro magasin.

Il en pousse partout !

Des boutiques comme celle-ci, 3 ptits pois en a une quinzaine à son actif. « Il y en a encore en cours de montage et bientôt on sera à 18 » précise Olivier Bidaut, qui a lancé la coopérative il y a exactement un an avec Julien West, son associé. Aujourd’hui mardi, comme tous les mois, Olivier va livrer le micro magasin du dixième étage. Une personne du groupe sera présente pour réceptionner les marchandises : « Ça ne prend pas plus de 10 minutes, et souvent les gens sont étonnés car ils pensaient que le magasin leur demanderait beaucoup plus de temps. » En dehors de la livraison mensuelle réceptionnée à tour de rôle, les membres du petit groupe doivent envoyer chaque mois leur feuille de consommation qui permet d’établir la facture. Les paiements sont mensuels et Olivier affirme qu’il n’y a jamais eu de problème. Ce micro magasin du troisième arrondissement réunit 70 références de produits, choisies sur catalogue parmi les 500 proposées par 3 ptits pois. Certains magasins plus importants disposent de 150 références. Les produits distribués par 3 ptits pois sont « bios à 99 %, équitables dans la mesure du possible ». Ce sont des produits d’entretien et d’hygiène, des boissons, conserves, féculents et aliments de base.

Et 3 ptits pois n’arrête pas d’essaimer. « En permanence, les gens viennent nous voir en disant qu’ils veulent créer un micro magasin. » Dans le quartier Saint Just, une boutique s’est créée il y a quelques mois dans un local mis à disposition par une association de yoga. « Dans le jargon familial on l’appelle le garde-manger » dit Anne-Louise, qui est membre de ce Groupement d’achat collectif avec 14 autres foyers. « On a fait le point sur nos manières de consommer et on a fait un listing très précis du stock d’épicerie qu’on voulait. C’est un exercice très intéressant. »

Plus qu’un garde-manger

Pour cette mère de famille, les avantages sont multiples : « Si on se rend compte qu’on n’a plus de riz dans le placard on fait 30 mètres pour en trouver, même le dimanche. C’est simple, naturel, et ça va plus loin que l’épicerie : on profite de cette dynamique de quartier pour alimenter les liens de proximité. » Ces micro magasins ont effectivement permis d’aller plus loin que le simple bonjour dans l’escalier. Olivier se souvient de la toute première boutique, Chez Gérard. Tout à commencé autour d’un apéro entre voisins, puis l’épicerie s’est installée dans le cave et pour finir les membres du groupe ont souhaité aller plus loin dans l’action commune, en sollicitant leur propriétaire pour racheter l’immeuble et créer un habitat groupé.

Marge unique

Olivier et Julien, en tant que distributeurs, ont choisi une ligne de conduite novatrice. Contrairement à ce qui se pratique souvent ailleurs, ils appliquent une marge unique sur tous leurs produits. Ce qu’ils achètent à un euro est vendu à 1,30 euros, qu’il s’agisse de dentifrice ou de farine. Autre choix assumé, ils s’interdisent de marchander les prix avec les producteurs. « On refuse le côté marchand de tapis de la grande distribution qui amène parfois les producteurs à vendre à perte. Le producteur doit toucher le prix juste qui lui permet de vivre. »

Le salaire qu’Olivier parvient à dégager de son activité est équivalent à la moitié d’un Smic pour un gros plein temps de travail, mais il reste optimiste, précisant que « c’était prévu comme ça et les perspectives d’arriver à deux salaires en fin d’année devraient être tenues ». 3 ptits pois s’inscrit dans un montage précis : elle a été créée avec l’appui de l’association lyonnaise District Solidaire et elle est membre d’Oxalis, une coopérative d’activité qui propose un accompagnement personnalisé juridique et comptable.

Nicole Gellot

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