Le journal l'âge de faire
Journal l'âge de faire Journal l'âge de faire Journal l'âge de faire Journal l'âge de faire
Le journal l'âge de faire Journal l'âge de faire Journal l'âge de faire

bateliers_et_cereales_bio

mercredi 21 décembre 2011, par Webmaster

« Tout est à relancer dans le fluvial » Bateliers depuis 2003, Florence et Stephan Lhopital cherchent à transporter des marchandises écologiques et équitables. Ils lancent un appel aux producteurs de céréales bio.

Depuis le Cosma, leur bateau Freycinet de 38 mètres sur 5 fabriqué en 1963, Florence et Stephan Lhopital veulent « lancer un SOS ». Les deux mariniers, qui travaillent et vivent sur les rivières, fleuves et canaux européens avec leur petit garçon de cinq ans et demi, sont entrés dans la profession en 2003. Lui, pompier, et elle, qui travaillait dans un établissement psychiatrique, ont voulu à trente ans « changer radicalement de vie » et ont opté pour ce « métier vert ». « Un bateau transporte l’équivalent de 17 camions » précise Florence. « Il avance plus lentement et ses émissions de CO2 sont beaucoup moins importantes. » Seulement voilà : si le transport fluvial est plus écologique que la route, les marchandises qu’il prend en charge le sont beaucoup moins. Florence et Stephan se retrouvent « noyés de force dans l’industrie agroalimentaire » et n’ont pas la capacité de choisir ce qu’ils transportent dans leurs cales.

DES OGM DANS LA CALE

Bien que le modèle de leur bateau soit l’un des plus petits existant sur le bassin européen, il nécessite un certain volume de marchandises pour ne pas voyager à perte. Or après plusieurs décennies de déclin, le transport fluvial ne compte plus qu’une poignée de « clients historiques : les céréales, le granulat (sables et graviers), les engrais, le charbon et les minerais » indique Stephan. « On n’a plus que des monochargements, ou presque. » Depuis longtemps, le couple s’inquiétait des vaporisations de produits toxiques sur les céréales dont il assure la livraison et trouvait peu gratifiant de convoyer « des tonnes de pois pour engraisser les cochons, qui ont été mélangés à de la terre pour couper la marchandise », raconte Florence. Mais le déclic s’est produit il y a trois ans : « Nous sommes partis de la Marne pour livrer 250 tonnes de maïs en Belgique » se souvient la batelière. « Nous avons fait un voyage difficile de deux semaines, avec des intempéries et de la neige. Arrivés à destination, des échantillons ont été prélevés comme d’habitude avant de débarquer la marchandise. Nous avons alors découvert que nous avions navigué quinze jours avec des OGM dans notre cale ! Nous ne sommes plus du tout maîtres de notre outil de travail. Les deux jours suivant le déchargement ont été consacrés au nettoyage de la cale à nos frais ! » Trois ans plus tard, les bateliers en sont toujours au même stade. « Nous sommes souvent démarchés par de grosses compagnies américaines spécialisé dans l’agroalimentaire de masse. Nous aimerions transporter des céréales bio, mais nous ne trouvons pas de marché. Le monde des céréales et celui du transport sont un peu obscur, nous sommes tributaires des courtiers qui ne cessent de tirer les prix vers le bas... Nous ne trouvons pas de silos ou de producteurs de céréales indépendants qui accepteraient de travailler directement avec nous. »

« SORTIR DE NOTRE CONDITION »

Le manque de temps et un certain isolement limitent leurs démarches de prospection : « Le travail au bateau est prenant du point de vue des heures de travail ainsi que de l’engagement physique » explique Stephan. « Il est difficile de sortir de notre condition et de rencontrer des personnes ou groupements hors milieu fluvial, notamment les coopératives bio ou équitables. » Les mariniers ne se découragent pas pour autant : « Tout est à relancer dans le fluvial, il y a en France plusieurs milliers de kilomètres de voies navigables au gabarit Freycinet. Ce n’est pas perdu, et c’est pour ça qu’on a encore la pêche ! » C’est pour cela, aussi, que le couple a sollicité L’âge de faire dans l’espoir que des lecteurs pourront l’aider à élargir ses horizons. « Nous espérons éveiller l’attention des gens de l’agroalimentaire bio. Il faut que les coopératives s’interrogent sur le mode de transport de leurs produits. » Autre piste : diversifier les marchandises transportées, tout en maintenant des quantités suffisantes pour que l’activité soit pérenne. « Nous ne pouvons pas mener cette réflexion tout seuls » conclut Florence.

LG

Voir en ligne : cosma-fluvial.com

P.-S.

> Pour contacter Florence et Stephan Lhopital : • cosma-fluvial.com • cosma394@live.fr • 06 89 35 91 91

Répondre à cet article

Share

Ecologie, Citoyenneté, Solidarité.

L'âge de faire, La treille 04 290 Salignac. Tel.: 04 92 61 24 97journal@lagedefaire-lejournal.fr

| | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0

© 2003 - 2012 L'âge de faire