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Sommaire numéro 61

vendredi 3 février 2012, par Webmaster

Le sommaire du numéro 61 - Février 2011


TRAVAILLER EN SCOP : ça change quoi ?


A Varages, une Scop fait renaître la faïencerie

Ils avaient chacun au moins 20 ans d’usine et dirigent aujourd’hui leur propre entreprise. Dans un village du Haut-Var, quatre anciens salariés ont créé une coopérative pour racheter leur usine promise à la faillite. Récit d’une reprise réussie.

- Lire un extrait : Anna, Véronique, Alain et Denis ont chacun au moins vingt ans d’usine. Ils ont tous connu le temps récent où le four, qui tournait jour et nuit, chauffait à lui seul les immenses bâtiments de la faïencerie ; où le village de Varages et les hameaux environnants vivaient au rythme des « trois huit » de la manufacture. Désormais, dans le Haut-Var, le froid prend ses quartiers d’hiver à la faïencerie, et ils ne sont plus que quatre à se lever pour arpenter les bâtiments de l’usine… Mais contrairement aux apparences, ils n’ont jamais été aussi motivés par leur travail : la faïencerie, maintenant, est à eux. Depuis deux ans, ils en sont les propriétaires, et les affaires marchent à nouveau.

« ça tournait à l’envers »

La désindustrialisation, à Varages, on connaît de près. Dans les années 50, l’industrie faïencière employait encore près de 200 ouvriers dans ce village d’à peine 1 000 âmes. En 2008, après un énième rachat donnant lieu à « restructuration », il n’en reste plus que 33, dont Alain, Anna et Véronique. Quand, à l’automne, un courrier les informe que l’entreprise est encore en cessation de paiement, ils n’en sont même pas surpris. « Je faisais ce métier depuis trente ans et je n’avais jamais vu ça, tout tournait à l’envers » se souvient, encore amère, Véronique Blattner. Impuissants, les salariés subissent les erreurs de gestion de la nouvelle équipe dirigeante, et voient au fil des jours la fermeture de l’usine arriver au galop, cette fois-ci sans espoir de rachat. « On avait la haine, on était encadré par des branquignoles » rage encore l’ouvrière. Les coopératives, Véronique Blattner en avait vaguement entendu parler. En cet hiver 2008, vu l’avenir promis à l’usine, elle décide de s’y pencher d’un peu plus près. L’idée est simple : racheter la faïencerie pour sauver les emplois. « J’ai fait des recherches sur internet, et je me suis dit : « Pourquoi pas nous ? ».

DOSSIER : La vie en scop

Avec l’affaire Seafrance, les Scop accédaient début janvier à la notoriété. Pourtant, une fois détournés les projecteurs médiatiques, que sait-on des quelques 2 000 Sociétés coopératives ouvrières de production ? Fraîchement rebaptisées Sociétés coopératives et participatives, elles sont les héritières des associations ouvrières du XIXe siècle. Leur nombre a doublé ces 25 dernières années : des compagnies de taxis et de théâtre, des fonderies, des entreprises de services à la personne et de maçonnerie, des orchestres, des cabinets de géomètres experts ont, parmi d’autres, choisi ce statut.

- Lire un extrait : L’AUTOGESTION, UNE UTOPIE ? C’est la base du statut de Scop : les salariés, obligatoirement majoritaires en capital et en nombre de voix, exercent leur droit de vote pour élire leur(s) dirigeant(s) et se prononcer sur la gestion de leur entreprise. Au-delà de ce socle commun, certaines Scop cherchent à répartir les pouvoirs entre travailleurs de façon égalitaire. « On a choisi de diviser les responsabilités et d’avoir une égalité salariale totale » explique Pierre Pawin, le boulanger de La conquête du pain, à Montreuil (lire page suivante). D’autres, comme l’entreprise de commerce équitable Ethiquable, veulent au contraire « rompre avec l’image de l’autogestion, des assemblées permanentes où tout le monde se mêle de tout, des employés qui gagnent tous la même chose ». Autogestion ou simple démocratie représentative, encore faut-il que les salariés-associés exercent leur pouvoir. « La démocratie ne se décrète pas ! » commente Patrick Lenancker, président de la Confédération générale des Scop, qui précise : « Cela demande un travail de communication, de transparence et une formation des salariés-associés, par exemple pour savoir lire un compte de résultat. » Une réalité prégnante à l’Orchestre de chambre de Toulouse, dont le cogérant, le contrebassiste Renaud Gruss, est le seul associé à avoir suivi des études d’économie : « Ce n’est pas si facile de s’approprier les problématiques de gestion pour des musiciens. On fait donc de nombreuses réunions informelles tout au long de l’année pour que le maximum d’associés comprenne l’évolution financière de l’entreprise. » Plus la Scop est grosse, plus il est compliqué de maintenir la culture coopérative parmi ses effectifs. Acome SA France, spécialisée dans la fabrication de câbles, compte un millier de salariés… et autant d’associés : le « devoir d’être associé » à l’issue de trois ans de salariat y est érigé en règle. Pour rester dans cette coopérative fondée en 1932, chaque employé a dû acquérir au moins une part sociale d’une valeur de 77 euros. Mais cela ne suffit pas : « Quand on organise une réunion à propos des questions liées au sociétariat, on a beaucoup moins de retours qu’avant, surtout de la part des nouvelles générations » regrette Philippe Garnavault, directeur des ressources humaines. Pour lutter contre cette abstention, le Conseil d’administration envisage de mettre en place des « tuteurs coopératifs » qui formeraient les jeunes sur leurs droits et devoirs en tant qu’associés.

Zoom sur des entreprises qui ont choisi de travailler autrement : Ambiance Bois, La conquête du pain,… . Ambiance bois : égalité salariale, polyvalence et temps partiels sont au menu de cette Société anonyme à participation ouvrière, un statut méconnu qui fait de chaque salarié un actionnaire même s’il n’apporte pas de capital. . Une boulangerie autogérée : à Montreuil, la Conquête du pain est plus qu’une simple boulangerie : réunis en coopérative, ses salariés veulent « montrer que l’on peut s’organiser différemment ».

Reprise d’entreprise : Dans l’industrie, le rachat d’une société par ses salariés n’ est envisagé qu’en dernier recours. Un collectif propose d’instaurer un droit de préemption des employés sur leur entreprise. La mesure pourrait faire évoluer les mentalités. Lire l’article complet >>>>>

. Fralib : Syndicaliste CGT, Olivier Leberquier travaille chez Fralib depuis 28 ans. Face au groupe Unilever qui veut fermer l’usine de thé « Eléphant » de Gemenos, près de Marseille, il défend un projet de reprise par les salariés dans lequel s’impliqueraient des collectivités locales. Lire l’article complet>>>>>


AGIR : ces communes qui se rebellent


A Mouans-Sartoux, les légumes sont communaux « Mouans-Sartoux veut une intercommunalité à échelle humaine. Cette commune des Alpes-Maritimes multiplie les régies municipales. Les obsèques coûtent un euro et une agricultrice salariée fournit les cantines scolaires en produits bio. Reportage dans cette localité pionnière, qui se mobilise contre la grande intercommunalité voulue par le préfet. » Lire l’article complet>>>>>

A Antibes, la commune libre sème partage, joie et folie Adeptes du folklore et de l’autodérision, les citoyens de la commune libre du Safranier, fondée en 1966, résistent à l’uniformisation culturelle.

A Varades, on mesure les ondes de téléphonie mobile Les maires n’ ont pas compétence à réglementer les antennes de téléphonie mobile sur leur territoire : c’est le Conseil d’Etat qui le dit. Mais les élus locaux ont encore quelques cartes en mains pour limiter l’exposition des populations aux ondes électromagnétiques. Lire l’article complet>>>>>


ça donne la pêche : Les semences anciennes libérées du Catalogue officiel ?


Amenée à se prononcer sur le litige entre Kokopelli et Graines Baumaux, l’ avocate générale devant la cour européenne a estimé que le droit communautaire limite la biodiversité. Lire l’article complet>>>>>


AGIR : un savoir-faire univers-sel ?


Depuis 1989, l’association Univers-sel favorise l’échange de savoir-faire entre les paludiers de Guérande et les producteurs des zones de mangrove africaine. Retour sur l’histoire de cette « Internationale paludière »

- Lire un extrait : La première fois qu’on a fait du sel solaire au Bénin, on s’est tous tourné vers le soleil en l’applaudissant. J’en ai encore la chair de poule quand j’y pense. Des moments comme ça, c’est ma nourriture. » Alain Courtel se nourrit de belles rencontres, mais aussi de soleil. Peau tannée, mains larges et sourcils broussailleux, ce paludier guérandais de 59 ans est à l’origine d’une formidable aventure qui se poursuit encore aujourd’hui. Tout commence en 1988. Lors de vacances sur la côte béninoise, Alain Courtel découvre la précarité dans laquelle vit la communauté des femmes qui, comme lui, tire ses revenus de l’extraction du sel. Dans la mangrove, elles grattent la couche superficielle de terre gorgée de sel, déposé par l’océan lors des marées. De l’eau de mer est ensuite versée sur la terre salée dans une sorte de grand filtre. La saumure ainsi obtenue est chauffée pour permettre sa cristallisation. Le procédé est physiquement pénible, mais plus grave : il rend la communauté dépendante d’une ressource de plus en plus rare, le bois. La production d’un kilo de sel ignigène (obtenu sous l’action de la chaleur) nécessite en effet 3 kilos de bois. Les palétuviers de la mangrove ne suffisent plus et les paludières, contraintes d’acheter le bois, paient une addition de plus en plus salée. Leurs revenus sont menacés, tout comme l’équilibre fragile de la mangrove.

LE SEL « SOLAIRE » DE LA MANGROVE

« J’ai eu l’intime conviction que le savoir-faire des paludiers de Guérande pouvait donner un coup de main à cette communauté » se souvient Alain Courtel. Rentré au pays guérandais, il crée, avec une vingtaine de collègues, l’association Univers-sel, et repart l’année suivante au Bénin. Paludiers du Nord et paludières du Sud y mettent au point une nouvelle technique, dédiée à la production de « sel solaire » en zone de mangrove. Si l’obtention de la saumure ne change pas, son mode de cristallisation, lui, est révolutionné. Elle est désormais disposée sur des bâches de plastique avec des faibles épaisseurs d’eau : le soleil et le vent font le reste. Les résultats sont spectaculaires : de 10 à 15 kg de sel par jour sur 10 m² de bâches, sans consommer un gramme de bois. Depuis, au Bénin, la mangrove a retrouvé son équilibre, et le quotidien des paludières a radicalement changé. 400 d’entre elles ont d’ailleurs constitué, en 1999, une structure de microcrédit pour diversifier leur activité.


SAVOIR : Mille vaches pour un méthaniseur


Dans la Somme, un projet de ferme géante couplée à une usine de méthanisation suscite l’inquiétude de centaines de villageois. Quand énergie verte rime avec agriculture industrielle…

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Fiches pratiques : une maison presque sans chauffage


Qui n’a pas rêvé d’une charmante maison de pays, qu’on découvre au détour d’un chemin creux, derrière un bosquet ? Les Arrivé ne font pas exception et se sont d’abord mis en quête d’une vieille maison en pierres. Mais leurs trouvailles étaient sombres ou trop éloignées de leur lieu de travail. Ils ont donc opté pour une maison neuve en briques et trouvé un terrain à la campagne, avec vue sur le boccage vallonné et la rivière. Philippe est à 10 km de son travail et Anne-Sophie à 5 km. Le terrain est orienté sud/sud-est, ce qui est presque parfait, l’idéal étant plein sud. Pour compenser ce petit défaut, la maison est légèrement inclinée vers le sud, afin de rattraper la différence.

La façade pleine de fenêtres offre au soleil 36 m2 de vitres : 3 doubles portes vitrées au rez-de-chaussée ; deux baies vitrées et une porte-fenêtre à l’étage. Le soleil, qui est bas en hiver, pénètre par les fenêtres et chauffe toute la maison. La maison est lumineuse, même par temps gris. Les baies donnent sur le bocage, ce qui permet à Anne-Sophie et Philippe de dire : « Le paysage nous agrandit l’espace de vie, et les enfants, comme nous, passent du temps à contempler la vue. » En été, les fenêtres ne voient pas le soleil car il est très haut. Un débord de toit, côté sud, coiffe la maison d’une « casquette », qui la protége de la chaleur et limite la température à 26 degrés…


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