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Manuel Dominguez, membre du collectif Jeudi noir

vendredi 10 juin 2011, par Webmaster

3 questions à Manuel Dominguez, membre du collectif Jeudi noir

Vous espériez négocier un bail temporaire avec l’assureur Axa, or celui-ci vous a traduit en justice (lire ci-dessus). Qu’en est-il ? Il y a toujours des négociations. Il nous est déjà arrivé de signer ce type de convention. Les propriétaires font toujours en sorte d’obtenir une décision de justice les autorisant à nous expulser, sans forcément demander l’intervention de la police. Ainsi, ils savent qu’en cas de problème, ils peuvent nous faire expulser quand ils veulent. Cela ne ferme pas la porte à un accord. Axa s’est pour l’instant montré discret et ne nous a pas demandé d’indemnité d’occupation –il nous est déjà arrivé d’être condamnés à payer 100 000 euros !

Occupez-vous en ce moment d’autre bâtiment que celui de la rue Matignon ? Non, c’est le seul. Suite à une occupation, nous avions depuis 2007, avec les associations Dal et Macaque, un bail précaire avec la mairie de Paris pour un bâtiment rue de la Banque. La mairie en a relogé les occupants. Elle s’est aussi engagée à transformer le bâtiment en logements sociaux, mais cela n’est pas encore fait.

La préfecture de police bloque vos entrée et sortie de l’immeuble. Avez-vous été en contact avec un interlocuteur de la préfecture ? Oui. Ils nous disent que nous sommes des squatteurs et que nous n’avons aucun droit, ce qui est méconnaitre la juridiction : tant qu’il n’y a pas de décision de justice, nous sommes considérés comme les habitants des lieux. L’un d’entre nous a fait un référé auprès du tribunal administratif, qui a donné raison à la préfecture. Nous avons fait appel. En attendant, il y a entre trois et cinq policiers, 24 heures sur 24, au bas de l’immeuble, ce qui doit coûter un argent fou au contribuable !

Recueilli par Lisa Giachino en Février 2011

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