L’approche des élections municipales, partout en France, des collectifs se montent pour porter des listes participatives afin de « prendre le pouvoir et le partager ». Utopique ? Murray Bookchin disait que le municipalisme libertaire s’appuie sur « des traditions démocratiques profondément enracinées ». Du Rojava à la Suisse, de la Commune de Paris de 1871 aux Gilets jaunes… Le communalisme propose de renouer avec une démocratie vivante, faite d’échanges en face à face, dans laquelle « le politique, c’est l’habitant ».
Le travail social, comme tous les autres, souffre des restrictions budgétaires, de la « rationalisation », de la montée en puissance des gestionnaires. Jeunes professionnelles, Maeva, Audrey et Odeline ne s’y résignent pas. Pendant six mois, elles ont visité des lieux où l’accompagnement des personnes fragiles reste ancré dans l’utopie. Nous avons conçu ce dossier avec elles, et nous vous racontons ces endroits où le travail social se construit au fil de l’humain, de façon résolument artisanale.
Rêvons un peu d’un blé qui ne soit pas sélectionné en laboratoire pour être adapté aux machines, mais dans les champs, pour être adapté au milieu. De paysans libres de moudre leur blé, libres de vendre leur pain. D’écoles où l’on transmet les savoir-faire complexes de la boulangerie et de la meunerie. De conditions de travail qui n’aliènent pas les boulangers… Qu’il y ait autant de goûts de pains que de fournées ! Des gens se bagarrent pour faire exister ce rêve. Partons à leur rencontre.
Dans le sud du Maroc, un jeune Sahraoui fait reverdir depuis dix ans une ancienne oasis. Aidé par une association espagnole, il a développé la permaculture et conçu différents systèmes de désalinisation pour cultiver avec de l’eau saumâtre. Cette oasis, nommée Source de vie, est un lieu où les stagiaires et les voyageurs, accueillis comme en famille, peuvent partager leurs savoir-faire et partir à la découverte du désert et de la culture sahraouie.
Au cours des 150 dernières années, les humains ont tout mis en œuvre pour augmenter les rendements apicoles. Cadres amovibles, transhumances, multiplication des récoltes, insémination artificielle… Ces méthodes ont, un temps, permis d’atteindre leur objectif : augmenter la production. Mais cela s’est fait aux dépens de l’équilibre et de la santé des abeilles. Aujourd’hui, des apiculteurs·rices et des passionné·es veulent tourner la page de ce système à bout de souffle, et voient les abeilles autrement que comme des vaches à miel.
Des syndicalistes d’Enedis réouvrent une boutique pour continuer à recevoir du public. Des enseignants refusent d’utiliser le cahier de texte numérique. Des éleveurs risquent des sanctions pour ne pas «pucer» leurs brebis. Les collectifs anti-Linky conduisent une révolte populaire inattendue contre le compteur électrique «intelligent». La Cimade prend à leur propre jeu les préfectures, qui utilisent l’informatique pour rendre invisibles les files d’attentes des étrangers… Autant de résistances au « technototalitarisme » décrit par Pièces et main d’oeuvre.
Privatisation et industrialisation de l’ONF ; centrales biomasse démesurées ; scénarios de lutte contre le changement climatique qui envisagent une forêt très productive coupée en permanence ; filières de certification peu fiables… Il y a de bonnes raisons de s’inquiéter pour la forêt.
Un grand débat qui prend la forme médiatique d’un Président seul dans l’arène, qui a réponse à tout… pas très ambitieux pour ce qui fait le carburant de toute démocratie : le partage de la parole, l’échange d’idées.
Faire caca dans l’eau et tirer la chasse : c’est simple comme bonjour, mais lourd de conséquences. Jusqu’à présent, les toilettes sèches se développaient en zone rurale. Mais ça y est : des projets d’assainissement collectif écologique sont en train de voir le jour, en ville, pour réduire la pollution de l’eau et recycler nos excréments sous forme d’engrais.?
L’énergie a toujours été un secteur stratégique. Elle l’est d’autant plus que nous devons mener de toute urgence une transition écologique. Dans ces conditions, est-ce raisonnable de la confier au secteur privé, au nom du sacro-saint principe de la libre concurrence et des supposées vertus du marché ?
Comme le fait remarquer Josef Schovanec, chercheur et autiste, « on a toujours besoin d’un plus bizarre que soi ». Les personnes dites handicapées nous questionnent sur les notions de norme et de déficience. Art, radio, agriculture, cuisine… Gros plan sur des expériences qui créent la rencontre entre le monde « normal » et celui, tout aussi riche, de celles et ceux que nous percevons comme différents.
Les métiers manuels sont dévalorisés à l’école comme dans les représentations sociales de la réussite, et subissent souvent la concurrence des importations industrielles à bas prix. Pour autant, des artisans continuent à fabriquer et à réparer des objets du quotidien…
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