Quand Nice travaille du chapeau
Les copains du Mouais, journal anarchiste et dubitatif niçois, nous l'avaient promis : « Santa Capelina, c'est ce qu'on fait de mieux à Nice. C'est le meilleur jour de l'année ! » Le premier mai, après la manif' syndicale, on a donc rejoint la place Rauba Capèu (vole le chapeau - à cause du mistral), munis d'un couvre-chef maison.
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Une tradition inventée
Pour respecter pleinement cette tradition, inventée de toutes pièces dans les années 90, on aurait dû apporter aussi un poisson, mais on n'en avait pas. Tant pis : la soupe cuisait déjà. Les gens aussi, à petit feu, ravis du soleil : les années d'avant, la fête s'était déroulée sous la pluie.
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La soupe dicte le rythme
À l'organisation et aux marmites, le collectif des Diables bleus, créé en 1999 dans le quartier du même nom. Les soldats allemands appelaient ainsi les chasseurs alpins niçois, réputés pour leur résistance.
Cuite et moulinée deux fois, la soupe dicte le rythme de la fête. De midi à la fin de l'après-midi, on danse, on chante, on mange et on boit en attendant qu'elle soit servie : la procession ne peut démarrer qu'une fois la marmite vidée ! Allez plus loin
Pantaï
Construite collectivement, la statue-radeau de la sainte inventée, Santa Capelina, porte un rouleau de PQ pour écrire des vœux, et une boîte pour les accueillir. « Pantaï », le mot qu'on lit entre ses jambes, c’est travailler du chapeau, ou encore « être un peu fada, lâcher prise avec le réel et se fondre dans un délire absurde et salvateur », explique Mouais. Pantaï désigne aussi un mouvement artistique et militant qui, depuis les années 70, conteste la politique culturelle de Nice, tournée vers le prestige et le tourisme, et organise des actions pour se réapproprier l'espace public.
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La Mounina
On finit la journée avec en tête, la chanson répétée mille fois. La mounina, c'est en vieux niçois le sexe de la femme, ou bien le singe. Après ce point de vocabulaire, le sens du refrain se devine aisément !
Les paroles
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Refrain
O Santa santa o santa capelina.
Viva lou cu e canta la mounina. (bis)
Couplets
Elle navigue sur les flots, et il n’y a rien de plus beau. (bis)
Elle n’a pas peur des requins, c’est qu’à Nice a y en a plein. (bis)
C’est la reine des sardines, elle finira pas dans l’huile. (bis)
Des gobis jusqu’aux mulets, elle en connaît des milliers. (bis)
Des anges à l’île de beauté, tous vos vœux s’ront exaucés. (bis)
Paroles :
Michelle Morel
Au gré de l'inspiration de celles et ceux qui s'emparent du haut-parleur, des couplets sont ajoutés…
En mer
Après un parcours dans les rues étroites au son des flûtes, chorales et batucadas, la sainte païenne est accompagnée à la mer. En savoir +
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Après les maisons de retraite, cabinets dentaires et labos, la finance investit la médecine générale. Face à cette offensive capitaliste, nous sommes allés à la rencontre des centres de santé non lucratifs. Créés par des associations, des collectivités locales ou des mutuelles, ils salarient médecins, secrétaires, travailleurs sociaux et paramédicaux. Les centres de santé communautaire vont encore plus loin et développent une approche collective de la santé, en soignant particulièrement l’accueil et en prêtant attention aux conditions de vie des personnes.
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