La coopérative Mobicoop propose toujours une plateforme de covoiturage sans commission « pour que le covoiturage reste un bien commun ».
Bastien Sibille est président de la société Mobicoop, une plateforme de covoiturage. Et pourtant : « Non, le covoiturage n’est pas toujours la meilleure solution pour réduire l’impact environnemental des transports », reconnaît-il sans aucun problème. Comme tous les présidents d’entreprise, Bastien Sibille doit pourtant rendre des comptes aux investisseurs. Mais à la différence du géant Blablacar, les propriétaires de Mobicoop « ne sont pas des capitalistes : ce n’est pas la rentabilité maximale qui détermine les choix de Mobicoop. Si c’était le cas, on ne pourrait pas avoir l’approche d’intérêt général qu’on a aujourd’hui ».
Mobicoop, c’est l’histoire d’une drôle de fusion entre l’association Covoiturage libre gérée par des bénévoles – qui mettait à disposition une plateforme de covoiturage sans commission –, l’entreprise Covivo – qui vendait des plateformes à des entreprises et collectivités –, et Rezo pouce – une coopérative proposant la mise en place d’auto-stop organisé en milieu rural, composée essentiellement de collectivités (voir L’âdf n°153). Mélangez le tout, vous obtenez donc Mobicoop, une société coopérative d’intérêt collectif qui poursuit les trois activités des structures précédentes, et qui est détenue par plus d’un millier de sociétaires, tous ayant le même pouvoir, c’est à dire une voix, quel que soit le nombre de parts possédées. Les nombreux covoitureurs lambda sociétaires ont donc autant de poids que le Conseil départemental de l’Isère et le Parc naturel régional du Gâtinais par exemple.
Sous logiciel libre
Au delà des discours, la coopérative doit tout de même équilibrer ses comptes et rémunérer ses 35 salariés. « On vend nos services aux collectivités territoriales et aux entreprises », explique Bastien Sibille. C’est par exemple Mobicoop qui est derrière la plateforme de covoiturage bretonne Ouestgo.fr. À la différence de ses concurrents, les sites internet construits par Mobicoop pour les collectivités sont sous logiciel libre. « Et nous formons le personnel, de sorte qu’il n’y a pas de lien de dépendance entre nous et la collectivité une fois que l’outil est mis en place. » Quant à « l’auto-stop organisé », il a été mis en place dans 83 collectivités. Ce sont ces deux activités de prestation qui financent la troisième, la plus connue des particuliers : la plateforme de covoiturage nationale. Elle nécessite environ deux emplois équivalent temps plein. Son utilisation est toujours libre et gratuite, respectant l’idéal de ses créateurs « pour que le covoiturage reste un bien commun », comme alternative à Blablacar. « Et sur Mobicoop.fr, les utilisateurs gardent le choix du partage des frais par la plateforme ou de la main à la main. On n’est pas là pour emprisonner les utilisateurs et formater le covoiturage. »
FG







