“Le mode de vie des Américains est négociable“, a déclaré le président des États-Unis d’Amérique, pays le plus puissant du monde, en ouverture de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Une longue ovation a suivi son intervention. Le président chinois est monté à son tour sur l’estrade, et, après une belle accolade, les deux hommes se sont tournés vers l’assemblée main dans la main. L’accord entre les deux puissances, signé quelques heures plus tôt, annonçait une réduction drastique des budgets militaires respectifs.
Ainsi, nous n’en étions qu’aux débuts mais le Traité mondial pour un moratoire sur les technologies de pointe (intelligence artificielle, biotechnologies…) produisait déjà ses effets. La concurrence entre les grandes puissances était enfin plafonnée. Plus besoin pour elles, désormais, d’étendre leur influence pour s’accaparer terres rares et réserves de pétrole. Du Groenland au Xinjiang, du Congo au Venezuela, on a fêté ça. Même le président russe a déclaré qu’il retirait ses troupes d’Ukraine et qu’il était prêt à négocier des accords commerciaux pour acheter blé et lithium à son ex-ennemi.
Le Conseil de sécurité de l’Onu, désormais composé de cinq grand-mères (tirées au sort, une par continent), a réagi en déclarant qu’il « veillerait au grain ». Une menace à peine voilée : la dernière fois que le Conseil de sécurité a prononcé de tels mots, c’était avant l’intervention des casques bleus en Californie pour faire échouer la tentative de coup d’État menée par Elon Musk. On sait comment a fini ce pauvre homme…
Les États dominants – et leurs populations – ont ainsi renoncé mutuellement à leur puissance et l’ont confiée à la sagesse du Conseil de sécurité. Autant dire que le plus dur a été fait. La concurrence étant moins rude, l’économie a logiquement ralenti, entraînant une baisse conséquente des émissions de CO2. On attend d’un moment à l’autre la déclaration finale de l’Organisation internationale du travail qui doit instaurer le salaire minimum planétaire pour les couturières au premier janvier. Nul doute en occident que les prix du textile vont s’envoler, mais les gens refusent désormais de s’habiller aux dépens de l’exploitation des plus fragiles.
La coopérative du slip français a annoncé l’organisation d’une fête pour célébrer la relocalisation de ses activités à Roubaix. Une animation qu’apprécieront tout particulièrement les centaines de touristes de Bogota actuellement accueillis par des familles lilloises dans le cadre du jumelage des deux villes. Rappelons enfin, à propos de voyage, que 2026 étant une année paire, ce sont les jeunes de 18, 20, 22 et 24 ans qui partiront sur le continent africain pour le service international universel. Les autres resteront pour accueillir leurs homologues océaniens.
Texte : Fabien Ginisty
Illustration : Lucie Aubin









