Cisjordanie, Palestine. Au nord de Jéricho, sur la rive ouest du Jourdain, une petite ferme cultive des dattes et du blé au bord d’un étang bordé de cyprès. L’air est empli de l’odeur des moutons et des chèvres, du gloussement des dindons et du caquètement des poules.
Derrière la porte, une icône de la vierge à l’enfant veille, paisible, sur la petite maison aux façades blanches. Khaled nous accueille, sa fille Maria sur les épaules et le sourire aux lèvres. Pourtant, il tremble pour sa famille et redoute la violence des colons.
Alors qu’Israël a annoncé une saisie record de plus de mille hectares de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée depuis le début de l’année, les politiques d’accaparement sont de plus en plus menaçantes. Cette famille palestinienne chrétienne, originaire de Jérusalem-ouest, avait été expulsée une première fois en 1948 sans jamais pouvoir revenir. Pour elle, continuer à cultiver est un combat, une affaire d’honneur et de survie. Sa’ad (à droite) et un travailleur agricole plantent Ici, il y avait une structure pour collecter l’eau pour les agriculteurs palestiniens. Celle-ci a été détruite en 2015 par le gouvernement israélien. Pourtant, Al- Auja se situe en zone A, sous contrôle exclusif palestinien en vertu des accords d’Oslo, signés dans les années 1990 par Israéliens et Palestiniens.
UN REPORTAGE RÉALISÉ À AL-AUJA, CISJORDANIE OCCUPÉE, ZONE A, EN AVRIL 2022.
© VICTORINE ALISSE / COLLECTIF HORS FORMAT ET ANTOINE DUSSARPS