Ce 21 mars dans l’hôtel de ville de Lyon, une douce polyphonie monte à nos oreilles et nous colporte un message (1) : « Les médias en sauce Bollo, c’t’un boul’vard pour les fachos, ils propagent la haine, faut qu’ils rendent l’antenne, les médias en sauce Bollo… » La ritournelle s’enroule et nous sommes invité-es à rejoindre le chœur sur ce canon, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Puis voilà un deuxième chant sur les médias ! Quel ravissement ! Ces deux réécritures ont été faites pour l’occasion, selon l’habitude de la chorale de lutte lyonnaise Les Canulars, qui s’adapte aux événements auxquels elle est invitée. Ce jour-là, c’est le lancement officiel du Syndicat de la presse pas pareille – dont fait partie L’âge de faire – qui a réussi à se faire une place au festival Ca presse, sur le dessin de presse. On a chanté au milieu de l’expo… puis sur le parvis de la mairie… puis dans les rues… et enfin à l’Alternatibar, où se poursuivait la soirée.
Pour les Canulars, l’objectif « n’est pas d’offrir du spectacle mais de faire connaître, de partager les chants de résistances à toutes les oppressions. À chaque fois, on distribue les paroles. Ça marche pas mal, du moment qu’on a des chansons simples, qui se répètent », raconte Sandrine, environ huit ans de Canulars à son actif. Le groupe se réunit tous les lundis et est de toutes les luttes. « On mange, on boit un coup, on travaille puis on chante ce qu’on a envie. Il n’y a surtout pas de chef, mais une organisation quand même. » Un moment convivial pour venir avec ses idées et ses causes à chanter. Le répertoire est celui, « énormissime », que s’échangent les chorales de lutte lors de leurs rencontres. La chorale est de toutes les luttes, comme dit l’un de leurs chants. « Si je suis femme et immigrée, chômeuse et que j’aime la paix, handicapée et sans papiers, dans quelle manif dois-je défiler ? », me scande Sandrine, qui connaît tout le répertoire par cœur.
Les Canulars chantent à trois voix et réécrivent bien souvent des paroles. Il est une chanson qui leur sert de leitmotiv pour rejoindre toutes les manifs : celle qui parlait initialement des OGM et intitulée « Oh ! Jé’ aim’pas ! » (2). On vous en transmet une partition maison (3). Les Canulars en adaptent les paroles à chaque occasion. Le 21 mars, ce fut donc pour les médias, ce qui a ouvert encore un peu le champ de lutte. « Ce thème n’est pas prégnant dans la chorale, concède Sandrine. Mais ça m’a donné l’occasion d’être sur une autre fenêtre de lutte, de m’imprégner d’un autre milieu. »
Lucie Aubin
1- Sur l’air de « Une bulle bulle vole », dont la première réécriture dit : « Un petit pavé s’envole, mais un bouclier décolle. Un joli cocktail crame leurs paroles. »
2- Avis aux connaisseurs-euses de l’origine de la musique.
3- Adaptée selon l’air proposé par la chorale Les Glottes rebelles.
Quelle version écouter ?
Sur l’internet mondial, vous ne trouverez pour le moment que celle-ci, enregistrée sous les voûtes de l’Hôtel de ville de Lyon, lors du lancement du Syndicat de la presse pas pareille.
A vous de propager ces refrains !
Les paroles complètes :
Non j’aime pas les journaux propageant la haine
Non j’aime pas on y entend que le RN
Refrain 1 : Non je n’aime pas la presse enchaînée
Aux pouvoirs et aux financiers
Non j’aime pas les mensonges qu’ils nous assènent
Non j’aime pas les écouter, ça me consterne
Non j’aime pas leur propagande anxiogène
Non j’aime pas qu’ils accaparent les antennes
Non j’aime pas quand c’est Bolloré qui gouverne
Non j’aime pas quand l’intelligence est en berne
Mais j’aime bien les actus moins sélectives
Mais j’aime bien quand la presse est alternative
Refrain 2 : Pour arrêter les merdias mensongers
Va falloir virer Bolloré








