Traduire signifie conduire à travers, faire passer d’une langue à l’autre. [Le mot] vient du latin traducere, et non du grec ancien qui ne connaissait pas d’équivalent et avait recours à hermêneuein, qui signifie interpréter. En arabe, le mot traduire veut également dire interpréter. En chinois, des textes anciens désignent la traduction comme l’action de retourner une soie brodée : le dessous n’est pas comme le dessus, et pourtant c’est la même chose. […]
Dans la Grèce antique, la traduction n’était pas une question parce qu’on considérait qu’il n’existait qu’une langue ; le logos était tout à la fois la raison, le langage (ratio et oratio, traduisent les Latins) et la langue. Pour les Grecs, le logos est universel, il définit l’homme. Mais alors ceux qui ne parlent pas grec sont des barbares, une onomatopée comme blablabla, pour désigner celui qu’on ne comprend pas, qui ne parle pas comme moi, et qui n’est peut-être pas un homme… […]