Cette jeune femme qui élève seule une fillette vit plus sereinement depuis qu’elle a son lopin de terre, obtenu en participant à une action collective. Article initialement publié en juin 2016.
« Depuis que j’ai cette terre, je me sens heureuse, tranquille, sécurisée. » Nolma a 27 ans et une fillette de 4 ans qu’elle élève seule. Elle habite dans la communauté d’Oñondivepa, « avant la seconde ligne », précise-t-elle : les paysans paraguayens qui investissent des terres les divisent en bandes d’1 km de large, qu’ils découpent ensuite en parcelles. Les lignes, situées tous les kilomètres, servent de repères géographiques.
Fille de paysans, la jeune femme a fait des études de secrétariat, mais elle n’a pas pu en faire sa profession car elle n’était « pas membre d’un parti politique », ce qui lui aurait peut-être ouvert les portes d’un recrutement. Au final, l’agriculture lui convient. « J’aime vraiment ça, dit-elle. C’est important de produire notre propre alimentation, car ce qu’on achète, on ne sait pas comment c’est produit. Je fais du compost, je recycle les déchets. Mes parents m’ont appris certaines choses, et je suis des formations techniques avec différents projets. »
Deux vaches laitières, du savon…
Ses 5 hectares, Nolma les a obtenus il y a cinq ans en occupant des terres avec une organisation paysanne. Elles étaient destinées à un projet de décharge, « mais la communauté s’est unie pour les récupérer », explique-t-elle. Comme tous les paysans qui obtiennent des droits sur une parcelle, elle doit maintenant la payer à l’Etat : 500 000 guaranis (1) par hectare, une somme qu’elle rembourse petit à petit.
La jeune agricultrice cultive des légumes, du manioc, du maïs et des haricots secs, et possède deux vaches laitières. Elle fait également partie d’un comité de femmes qui fabrique du savon et de la lessive, et elle se rend une fois par semaine sur un marché local pour vendre ses productions. « Si quelqu’un me sollicite pour faire la cuisine ou le ménage, je le fais aussi pendant que ma fille est à l’école, ajoute-t-elle. Je fais tout ça pour subvenir à ses besoins. »
LG – Article paru dans L’âge de faire n°109, juin 2016
1 – Soit 79 euros. Le salaire moyen au Paraguay est d’environ 240 euros, mais les paysans ne touchent pas de salaire et ont des revenus monétaires très faibles.
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