Ils sont quelques-uns en France, mais James Hennessy est l’un des rares en milieu rural. Plus besoin de mettre le vélo dans le coffre pour aller le faire réparer. James arrive chez vous, sort sa clé Allen, et hop !
Dur, dur, de parvenir à vivre de ses mains, dans le cadre d’un emploi épanouissant. James Hennessy a pourtant commencé sa carrière dans l’imprimerie, pour son plus grand plaisir. Manque de bol, « au début, on mettait tout en place à la main, mais de plus en plus, on s’est retrouvé assis devant des ordis toute la journée. Ça ne m’intéressait plus. » En 1997, James change d’emploi et est embauché dans une boutique londonienne – il est britannique – de bicyclettes. Il renoue ainsi avec la passion qui l’anime : « À 18 ans, je me souviens avoir monté mon premier vélo de A à Z. J’adore “mettre les mains”, manipuler les outils, trouver les pannes et la bonne façon de les résoudre. » Problème : James est embauché en tant que vendeur, pas en tant que mécano.
« Réparateurs toujours cachés dans un coin »
Il y a une dizaine d’années, la vie le téléporte à Rodez, en Aveyron. Après une formation, il se fait enfin embaucher en tant que mécanicien vélo dans un supermarché du sport. Mais son désir de satisfaire les clients le pousse à quitter son emploi : « il y a plein de petites choses qui contraignent le vendeur. Le choix des pièces qu’on pouvait commander par exemple, qui devaient obligatoirement venir de la centrale du magasin. Je me souviens entre autres des cassettes (1) qu’on montait sur les vélos, mais qui étaient plus adaptées au relief de Paris qu’à celui de Rodez ! » (2).
Également, James a eu envie de prendre l’air, de sortir des « ateliers toujours cachés dans les coins les plus sombres des magasins », et puis d’être autonome, à son compte. Désormais, il travaille au grand jour, puisqu’il se rend directement chez ses clients : l’an dernier, à 47 ans, il a lancé « Mister vélo », son entreprise de réparation de bicyclettes à domicile.
« Quand je discute avec les clients, on partage quelque chose qui nous rend proches, alors qu’on ne se connaît pas. C’est assez difficile à expliquer ! », sourit-il. Pour lui, la communauté du vélo a tout intérêt à se serrer les coudes. Lui voit d’un bon œil le développement des ateliers de co-réparation associatifs, quand certains vélocistes jugent le monde associatif comme un concurrent déloyal. « À mon avis, la concurrence, c’est plutôt la X Box ! »
FG
1- Une cassette de vélo est le groupe de pignons (les « vitesses ») qui se trouvent sur le moyeu arrière du vélo.
2- Rodez est une ville pentue, surtout au retour.
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