Vestibus est une petite association lyonnaise qui distribue couvertures et vêtements aux gens qui dorment dehors. Rencontre avec Marie-Pierre, Bénédicte et Adèle au fond d’un couloir.
Pour rencontrer les membres de Vestibus, il faut se rendre dans une grande pièce mal éclairée, sans fenêtre, au fond du couloir d’un immeuble lyonnais. Marie-Pierre, Bénédicte et Adèle trient des vêtements et en remplissent un caddie. « On prépare la maraude de demain. » Avec son Kangoo, l’association assure deux tournées par semaine pour distribuer vêtements, duvets et produits d’hygiène aux sans-abri. Elle fonctionne beaucoup au bouche-à-oreille pour les dons. « On vend les vêtements inappropriés lors des vide-greniers pour payer les frais. Cela peut-être des pantalons blancs, des talons aiguilles, ou mieux… » Marie-Pierre me montre une robe de bal fuchsia. Dans la pièce, de nombreuses étagères dans lesquelles les vêtements sont classés par taille et par type. Certains étages sont bien fournis. « Les chaussures et les chaussettes pour hommes, par contre, on en manque toujours. »
« C’est un peu bousculant au début »
Pour poursuivre l’aventure débutée en 1995, récupérer les dons, les trier une fois par semaine, assurer les deux tournées hebdomadaires été comme hiver, gérer l’administration et le reste, ils sont une dizaine, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes. « Avant, on partait en maraude exploratoire. Maintenant, c’est beaucoup de signalements de gens, ou la plupart du temps de la Croix-Rouge. Le 115 les contacte quand ils ont des personnes qu’ils ne peuvent plus accueillir, et la Croix-Rouge nous contacte. »
Bénédicte assure généralement trois maraudes par mois. Boxes de parkings sous-terrains, caves, escaliers d’immeubles… « C’est un peu bousculant au début, d’arriver et de pouvoir leur proposer seulement une couverture, puis de repartir, alors qu’eux vont dormir dans une voiture ou sous tente en plein hiver. » Pour autant, Bénédicte apprécie le fonctionnement de la petite asso qu’elle a rejoint en septembre dernier : « C’est transparent, on se connaît tous, on sait tous pourquoi telle chose est à faire en priorité, etc. » Le cadre donc, et le sens aussi : « Des gens nous attendent, autant pour la couverture que pour la discussion. »
Fabien Ginisty








