On a l’impression que la densité des métropoles pourrait être une solution pour se passer de la bagnole. Mais n’est-ce pas qu’une impression ? Et a-t-on envie de vivre dans une méga-ville ? Une meilleure piste pourrait être d’habiter dans des petites villes… L’idée est révolutionnaire tant elle est mesurée.
Il est difficile d’imaginer un monde dans lequel on puisse se passer d’une bagnole, à moins de regarder du côté des Amishs, pourquoi pas, ou dans les métropoles actuelles. Pourquoi alors ne pas urbaniser, partout, tout le temps ? « Plus une ville est dense, moins elle pollue », ont longtemps prêché les urbanistes, car elle évite l’étalement urbain. Mais la ville, même dense, a aussi ses travers. Par exemple, un immense Ikea, avec tout ce que l’ameublement mondialisé implique en matière d’empreinte environnementale liée aux transports, s’implante plus facilement là où les bassins de consommation sont denses, et concurrence plus facilement l’industrie et le commerce à petite échelle.
L’urbanisation est ainsi la conséquence de l’activité économique, mais aussi son moteur. Or, passée une certaine échelle, cette activité économique devient démesurée selon les enjeux de l’époque. Au-delà de la question de la bagnole, cette démesure n’est-elle pas le cœur du problème ?
RALENTIR. UN LUXE ?
Notons par ailleurs que les métropoles qui s’affichent « propres » en leurs centres rejettent leurs impacts négatifs en périphérie : transports induits et autres éoliennes, centrales nucléaires, déchets, villes-dortoirs… créant des zones à l’extérieur où il ne fait pas bon vivre.
Même à ce sujet, fait-il si bon vivre que ça dans les métropoles ? Quelle est donc alors ce besoin qu’ont beaucoup d’urbains d’aller se ressourcer à la campagne le week-end, une « campagne » d’ailleurs de plus en plus éloignée du fait de la métropolisation ?
Peut-être aurions nous envie d’être moins mobiles si notre environnement immédiat était plus agréable, moins bruyant, moins bétonné, plus convivial. En effet, la question de la mobilité ne concerne pas que les déplacements contraints du travail : 40 % des kilomètres parcourus aujourd’hui le sont pour des activités sociales, sportives et de loisirs. Il faudra imaginer des territoires à portée de marche ou de vélo, ou de transport en commun, suffisamment agréables pour qu’on puisse davantage les habiter… Mais n’existent déjà-t-ils pas ?
De plus en plus d’aménageurs préconisent de s’appuyer sur les réseaux des villes moyennes et petites, des villages… « On peut imaginer facilement des villes de 2.000, 3.000 habitants où sont présents tous les services du quotidien, maillées entre elles par des réseaux ferrés », indique Valentin Desfontaines, chargé de mission mobilités au sein du Réseau action climat. Des villes à échelle humaine, des villages vivants, intégrés à leur environnement naturel, où l’activité économique – et le traitement de ses pollutions – a été relocalisée, où l’on ait tous le bonheur de ne pas être pressés, même à pied… Revenir à la mesure serait révolutionnaire !
Fabien Ginisty
Illustration : 1929, @GALLICA







